Préparatifs de la seconde campagne de recherches

Publié le 4 Octobre 2009



Nous sommes rentrés mi juin de cette première et intéressante campagne de recherches, que nous pourrions résumé ainsi :
7 jours consacrés à la recherche de
L'Oiseau Blanc
5 jours 1/2 pour le
Ravenel.
Une journée de repos indispensable, et une journée de très mauvais temps qui nous a contraints à rester à terre.

Nous disposions d'une excellente équipe de 5 plongeurs du Groupement des plongeurs démineurs de l'Atlantique (GPDA), d'un régisseur et d'équipages forts compétents sur le Fulmar, et le Zéphyr.
Nous avions, début 2009, programmé une équipe et un matériel plus importants, mais nous avons dû nous limiter, faute de moyens financiers suffisants. C'était une première campagne de reconnaissance, elle nous permet à présent de reprendre les recherches avec plus de chances de succès.

Nous sommes revenu convaincus, d'après les nouveaux éléments recueillis sur place et à Terre-Neuve, que L'Oiseau Blanc s'est bien abîmé entre la pointe sud-ouest de Burin et Galantry, sans doute plus près de Saint-Pierre, mais qu'il repose peut être dans des fonds plus importants : entre 40 et 100 m. Ces profondeurs impliquent davantage de difficultés, et nous emmèneronsun matériel plus efficace : des sonars plus sophistiqués, magnétomètres et ROV.

Pour les recherches sur le Ravenel : nous avons été amenés à faire profiter l'Association Ravenel de notre équipe et de notre matériel  pour les aider à progresser sur la recherche de ce navire, perdu avec quinze hommes à bord, en 1962 entre Terre-Neuve et Saint-Pierre.
Les hauts fonds de Bob rocks ont été notre zone de recherches prioritaires, hélas sans succès. Il faudra rechercher d'autres moyens techniques pour fouiller un périmètre plus large. Nous allons proposer aux autorités de Saint-Pierre, et à l'Association Ravenel un projet de campagne bien spécifique.

A signaler : le reportage de 25', de Marie-Pierre Farkas sur nos recherches, et qui est passé sur France 2 le samedi 20 juin à 13h15, a été classé "hors concours" pour le prochain Festival international du film d'Aventures de Dijon où il sera présenté dans le grand auditorium le samedi 24 octobre. L'Aéroclub de France le présentera également le 16 novembre à 19h
(www.aeroclub.com ).

Rédigé par L'Oiseau Blanc

Publié dans #Actualités

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Patrick 02/03/2014 15:46

Bonjour à toutes et tous, bonjour Bernard.
Je continue à parcourir votre blog très intéressant et qui se lit très facilement et avec passion, que vous savez communiquée ;-)
Vous dites ici que l'avion a sans doute subi "seulement" (on se comprend) des impacts de balles dans la carlingue.
Mais si hélas, Nungesser et Coli ont été atteints peut-être gravement voire mortellement par ces balles, ils eurent alors une grande difficulté à appeler les secours.
Existe-t-il une probabilité après 87 ans que leurs squelettes soient en tout ou partie encore là ?
Si oui, êtes-vous prêts, vous et votre excellente équipe (dont je salue le grand travail), à cette "découverte" ?
Les courants marins et le temps auront-ils détruits cela ? Mais vous parlez d'une mer froide et calme...
Au plaisir de vous rencontrer bientôt je l'espère.
Amicalement.

Bernard Decré 16/11/2009 10:50


Bertrand:
Nous allons essayer de voir le "livre de bord de l'Ice cutter Modok"à Washington, qui de toute façon devrait nous apprendre des choses car quarante huit heures après on lui a demandé de patrouiller
à la recherche de L'Oiseau Blanc!....Je n'ose pas m'imaginer la tête du Commandant se rendant compte de la méprise!!!
Mon idée toute personnelle est qu'ils ont peut être été tiré dessus soit par un Bootlegger soit par un Coast Guard, peut être le Modok?, mais comme un tir de semonce...l'avion a pu avoir quelques
trous dans les ailes mais cela n'a pas du les empêcher de voler encore quelques minutes, entrant dans une couche de brouillard et espérant apercevoir la surface de l'eau, juste avant de faire
l'arrondi. N'oublions pas qu'à quelques mêtres de la surface de l'eau ils devaient couper le moteur car l'hélice faisait 3,50m de diamètre, pour la mettre en croix et amerrir...sauf que le
brouillard devait être collé à la surface de l'eau, et que l'hélice a du toucher en premier!


Bertrand 15/11/2009 18:30


Aïe, Bernard, c'est ici que ça se complique :A supposer que l'Oiseau ait été abattu en vol, et qui plus est, non pas par Al Capone et sa bande de soudards, mais plutôt par les US Coast Guards,
est-ce que le FBI,qui serait toujours -a priori- en possession des éléments de l'avion accepterait de faire des recherches dans ses archives, et (le cas échéant) de donner les morceaux? A mon avis,
plus de 80 après, cela doit toujours relever du secret défense...car dans cette hypothèse, il faudrait que l'Amérique accepte de reconnaître là une monumentale erreur de jugement en abattant
l'avion de nos deux héros (l'Oiseau Blanc aurait pu paraître, aux yeux des Coast Guards non avisés, comme un avion pirate, avec les armes de Charles Nungesser...).
Bien à vous (et lu l'Info Pilote de novembre!).


Bernard Decré 03/11/2009 11:12


Nous n'avons pas utilisé de magnétomètre en mai-juin dernier, seulement un sonar de type CMAX.
Nos plongées étaient toutes inférieures à 30 m, au-delà il aurait fallu un caisson.
Notre idée est de repartir avec le nouveau sonar que vient de recevoir la Marine, un magnétomètre et un ROV, ce qui fait trois types de matériels donc trois spécialistes et les équipes qui vont
autour.
Nous avons aussi demandé une relecture des enregistrements faits pour l'Oiseau Blanc, car le moteur doit toujours être solidaire de la coque de l'avion et des réservoirs, avec peut être encore les
longerons et structure des ailes... Nous avons consulté des photos de restes d’avions de la même époque, dans des eaux froides relativement calmes, la conservation est assez étonnante, mais
effectivement ne rêvons pas ! cette relecture doit se faire en décembre.
Que ceux qui lisent ce blog (et qui sont spécialisés en recherches sous-marines) n'hésitent pas à nous conseiller ! Les fonds sont au maximum de 130 m. Il y a peu de courant et de marnage... Mais
là aussi, il ne faut pas oublier que si l'avion s'est abîmé dans cette zone, il n'a pas dû couler bien vite. Ses réservoirs étant quasiment vides, et ses ailes et la coque ont dû flotter un
moment... ils ont dû couler lentement, appeler au secours, et s'enfoncer doucement dans l'eau à 3°C. L'avion a pu faire un certain trajet sous l'eau, nous devons y tenir compte dans nos recherches.
Les "bouts d'ailes" entoilés, peut être l'aileron ou des volets, retrouvés quelques mois plus tard par deux pécheurs sur les plages de Miquelon, et qui ont été amenées au Gouverneur, puis pris pour
"identification" par un inspecteur américain, sont (bien entendu) dans nos "avis de recherches" aux USA : FBI, Archives à Washington...


Bertrand 21/10/2009 19:03


Je suppose que les instruments embarqués, notamment le magnétomètre, doit détecter les masses métalliques à une certaine profondeur. Pour le Ravenel, cela devrait être concluant à condition de
passer sur le site... mais pour l'Oiseau Blanc, la masse du moteur Lorraine Dietrich (c'est sûrement à peu près tout ce qu'il doit rester, du moins dans son intégrité)sera-t-elle détectée? A quelle
profondeur portent ces instruments?