Ils en parlent au journal

Publié le 15 Novembre 2010

Rédigé par L'Oiseau Blanc

Publié dans #Actualités

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Yves Leroy 25/11/2010 23:45


Merci à Bernard Decré pour ses recherches et surtout pour ses découvertes qui viennent renforcer la conviction que nous partageons lui et moi d'un crash de L'Oiseau blanc à proximité de l'île de
Saint-Pierre. Je vous joins de larges extraits d'un texte que j'ai publié en 2009 dans la revue des Annales de Fécamp Terre-Neuve qui explique ce qui s'est passé ce matin du 9 mai 1927 et qui
indiquait la zone du crash sur une carte que je ne peux vous reproduire ici.

"La disparition de L’Oiseau blanc aura fait naître toutes les supputations. En France, seule certitude attestée, les falaises d’Etretat sont les dernières à l’avoir vu passer. Dès le 10 mai, des
recherches sont lancées en Manche, notamment par une escadrille d’hydravions du centre de Cherbourg, laquelle reçoit mission d’explorer la mer entre Etretat et Southampton, points entre lesquels
l’avion de Nungesser et Coli dut évoluer, en ligne droite, deux jours auparavant.
Certains témoignages affirmant que l’avion s’est crashé en Manche ont eu tellement la vie dure que Roland Nungesser, le neveu de Charles, dut demander, en 1980, une enquête officielle auprès du
gouvernement français.
Celle-ci fut confiée à Clément Meunier, ingénieur général de l’Aviation civile, qui, en étudiant les conditions météorologiques présentes sur la Manche et l’Atlantique nord les dimanche 8 et lundi
9 mai 1927, et les témoignages recueillis à l’époque le long du parcours supposé du vol, put en reconstituer certains paramètres. "D’une façon générale, le sens du vent pose toujours des problèmes
dans le sens Europe / Etats-Unis, puisque le courant normal du vent est de souffler d’Ouest vers l’Est. Il faut des conditions météorologiques particulières, et notamment des anticyclones décalés
vers le Nord, pour que dans cette traversée dans ce sens-là, on trouve des vents favorables pendant la plus grande partie du trajet. Or, à ce titre, le 8 mai 1927 a présenté la situation la plus
favorable qu’on ait eu depuis dix ans. Ils savaient qu’il y avait une perturbation au large de Terre-Neuve qui pouvait peut-être les gêner… Alors, ce qui s’est produit, c’est que cette dépression
qui s’était moins déplacée vers l’Est que prévu a entraîné sûrement un déroutement de l’avion pour lui en faire éviter la partie dangereuse, déroutement qui a entraîné, de ce fait, une perte de
temps. Ce mauvais temps se concrétise par une visibilité réduite, peut-être même des chutes de neige, avec toutes les difficultés qui se présentent pour le pilotage dans de telles conditions."
Fort de l’intime conviction qu’il a pu ainsi se forger, Clément Meunier en conclut que les conditions de vol étant idéales dans l’Atlantique nord jusqu’aux approches de l’île de Terre-Neuve – au
large de laquelle une forte dépression aurait obligé L’Oiseau blanc à la contourner par le Nord, en lui faisant perdre du temps –, Nungesser et Coli ont bien traversé l’océan Atlantique. Mais,
jusqu’où ?
Les observations faites le matin du lundi 9 mai 1927 sur la côte sud de Terre-Neuve attestent du passage de L’Oiseau blanc. Elles sont remarquables car elles émanent de personnes qui n’avaient
aucun lien entre elles et dont les dires concordent. Trois faits forment un faisceau d’indices des plus convaincants :
1) Aucun des rares avions de Terre-Neuve ne volait ce matin là en raison de l’épaisseur de la brume ;
2) Tous les témoignages sont le fait de personnes situées le long d’un axe orienté Nord-est / Sud-ouest, cap présumé de L’Oiseau blanc ;
3) L’heure de ces observations correspond à une heure de passage plausible de l’appareil, selon une progression continue.
Ces témoignages font aujourd’hui autorité.
Un seul, le dernier de cette série Terre-Neuvienne, permet peut-être de conclure cette aventure et de dévoiler l’énigme de la disparition de L’Oiseau blanc : C'est Joseph Lehuenen (l’historien et
ancien maire de Saint-Pierre aujourd'hui décédé) qui raconte :"Le lundi 9 mai 1927, entre 9 h et 10 h du matin, Pierre-Marie Lechevallier, un pêcheur saint-pierrais de trente trois ans, surveille
ses lignes debout dans son doris baptisé Canada, à environ un mille et demi – 2 800 mètres – au large du Cap Noir, soit à 4 000 mètres dans le Sud de la ville de Saint-Pierre. Il est seul… seul
avec son chien, un superbe terre-neuve noir qui sommeille sur la « caisse à moteur ».
Le vent est nul… la mer est lisse : calme plat… le brouillard est très dense et le silence total.
A un certain moment, Pierre-Marie tend l’oreille vers un bruit lointain qui s’amplifie peu à peu. Il a fait la guerre et ne peut se tromper, oui, sans aucun doute, c’est un moteur d’avion… Le
vrombissement, maintenant bien net, persiste encore quelques instants quand soudain, un grand bruit sourd, répercuté à tous les échos, met fin au ronronnement régulier. Puis tout rentre dans le
silence, tandis que le terre-neuve, subitement dressé, aboie furieusement en regardant l’horizon. Son maître parvenant difficilement à le calmer.
C’est un fait certain : l’avion qu’il entendait voici un instant est tombé à la mer, puisqu’on ne l’entend plus, et le bruit ne peut être que celui de sa chute… Mais où se situe-t-elle exactement ?
A quelle distance ? Comment chercher dans cette brume sans risquer de se perdre soi-même corps et biens… Le pêcheur est réduit à l’impuissance et, en fin de matinée, rentrera au port."

Et il ne dira rien de ce qu’il a entendu. Parce que l’homme est taciturne, qu’il vit seul et ne fréquente pas les débits de boisson où la parole vantarde se répand aisément. Parce qu'aussi il ne
sait rien de la tentative de L’Oiseau blanc et que, par contre, il sait très bien qu’on ne croirait pas un traître mot et qu’on le ridiculiserait s’il racontait, histoire invraisemblable, qu’il a
entendu un avion tomber en mer.
Il faudra du temps, après la première traversée victorieuse de l’Atlantique d’Est en Ouest par Dieudonné Costes et Maurice Bellonte sur le Point d’interrogation, le 2 septembre 1930, pour qu’à
l’occasion du regret évoqué par son ami Clément Vallée de la tentative perdue de Nungesser et Coli, Pierre-Marie Lechevallier montre du doigt l’étendue de l’océan et dise : "Oh, mais moi, je sais
bien où ils sont !" Et qu’il raconte pour la première fois l’histoire de l’avion explosant dans la brume. Mais le calfat Clément Vallée est un homme tout aussi taciturne que son ami pêcheur, et la
précieuse information ne sera pas alors divulguée.
Il faudra attendre un déménagement, en 1965, pour que Clément Vallée raconte l’histoire de Lechevallier à son nouveau voisin, Joseph Lehuenen, qui pèsera aussitôt toute la valeur de celle-ci. Mais
l’évènement est vieux de trente huit ans et l’affaire parait bien avoir été classée.
En 1977, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’exploit de Charles Lindbergh, Charles Nungesser et François Coli furent à nouveau à l’ordre du jour. On chercha alors de nouveaux témoignages
et Joseph Lehuenen, cinquante ans après, a ajouté à ceux recueillis auprès des habitants de Terre-Neuve, celui de Pierre-Marie Lechevallier qui fut alors reconnu officiellement.

Un bootlegger aussi
En 1927, cela fait cinq ans que l’Amérique du Nord à soif ; l’amendement Volstead, instituant la Prohibition, a fait par contre coup la fortune de Saint-Pierre et Miquelon, seul territoire du
Nord-Est américain où le commerce de l’alcool restait autorisé, les bootleggers ayant bien vite compris l’intérêt qu’ils pourraient en retirer.
Parti de Granville depuis plus de deux mois, chargé de Champagne, d’apéritifs et de vins en barrique, le voilier L’Armistice est encalminé ce lundi 9 mai 1927, entre la presqu’île de Burin
(Terre-Neuve) et l’île de Saint-Pierre. Le bateau doit être déchargé de sa précieuse cargaison à Saint-Pierre, où il sera désarmé et transformé en ponton flottant. Temps de brume et calme plat, se
souvient Gabriel Briant qui, alors âgé de quinze ans, était mousse cuisinier à bord. "C’était un lundi, jour des frites, j’épluchai les patates… Y’avait une brume à couper au couteau… Soudain, vers
10 h, tout l’équipage a entendu une très forte explosion, un coup sourd et lointain dont personne n’a pu déterminer l’origine. Certains ont pensé que c’était un iceberg qui se retournait… mais ça
ne pouvait pas être ça ! Quand un iceberg se retourne ça fait toujours une énorme houle, et là, il n’y a eu aucune vague après !"
Le jeudi 12 mai, L’Armistice ayant enfin trouvé des vents favorables, touchait le port de Saint-Pierre où l’équipage apprit alors la disparition de Nungesser et Coli… sans faire pour autant le
rapprochement avec le bruit perçu en mer trois jours plus tôt.
Ce second témoignage vient appuyer celui de Pierre-Marie Lechevallier. L’équipage a lui aussi entendu une explosion en mer alors que, plongé dans la brume, tout était calme alentour. Pierre-Marie
Lechevallier et Gabriel Briant (qui vivait à Hauteville sur mer, près de Granville) ne se sont jamais rencontrés. Ce qui est troublant dans leurs témoignages, c’est que le jour, l’heure et le lieu
sont autant de paramètres que personne ne pouvait inventer et qui correspondent, d’après les observations faites à Terre-Neuve, à la route supposée de L’Oiseau blanc.

Que s’est-il donc passé ?
Il reste à imaginer ce qui a bien pu se passer à bord de L’Oiseau blanc, ce lundi 9 mai 1927.
L’hypothèse d’une chute en mer au large de Saint-Pierre et Miquelon requiert d’autres explication


de Pescara 16/11/2010 18:53


Hélas, j'avais bien vu et même choqué par l'absence de cette évocation.
Il n'y a pas que Nungesser et Coli qui n'ont pas de tombe. Les gens qui s'occupaient du Musée de Meudon étaient préocupés par leurs tâches pour mettre à l'honneur le patrimoine français.
Aujourd'hui il faut être dans les médias plus qu'au charbon. Mon grand-père maternel Donin de Rosière n'est pas revenu de Buchenwald, comme beaucoup d'autres, il a été assassiné sur la route
d'évacuation du camps, nous n'avons que des témoignages et j'ai mis une plaque commémorative sur un caveau familial.


Fournier laurent 16/11/2010 15:28


Je suis allé au Musée ce midi et je n'ai pas vu le train de L'Oiseau Blanc, parait-il qu'il est en caisse! Pourquoi? Pourtant il y a de la place au pieds du Bréguet "?" ou de "L'Oiseau Canari"!
J'esserais d'en savoir plus avec un ami qui y travail.
Malheureusement, la fierté du patrimoine n'est pas 'cultivée' en France, surtout en haut lieu et si en plus ce n'est pas français alors on 'délaisse'. Les anglosaxons sont très fier de leur
patrimoine, il suffit de visiter leurs Musées qui sont de toutes beautées. Là, ils marquent des points.
J'ai une affection particulière pour L'Oiseau Blanc parce que d'une part mon grand-père paternel a travaillé chez Lorraine-Dietrich à Gennevilliers et parce que j'ai un photo de L'Oiseau Blanc qui
passe, le jour de son départ pour la tentative de traversée, en face de la clinique où je suis né, bien qu'elle n'existait pas à l'époque. Nungesser et Colie étaient quand même 'gonflés' de se
lancer dans une telle aventure, on ne peut que les admirer. C'est pourquoi je souhaite ardemment que l'endroit où ils ont disparu soit retrouvé, même si on ne pourra pas aller se recueillir sur
leurs tombes, on pourra au moins jetter des fleurs en leur mémoire à cet endroit. Pour Roland Nungesser, qui est mal en point, pour ses enfants et petits enfants ce serait un beau cadeau aussi.
Ainsi que William Nungesser de la branche américaine de la famille Nungesser.

A bientôt messieurs dames pour d'autres découvertes, je l'espère pour B. Décré et son équipe, que tous leurs efforts ne soient pas vains.

Crdlt
Laurent


de Pescara 16/11/2010 14:56


Merci M. Laurent Fournier (Commentaire n°1 posté par Fournier laurent aujourd'hui à 08h39) de prendre en considération mes propos et de corriger mes dires. Il est vrai que le jour de ma visite
d'octobre 2006, M. Tilatti m'a fait traverser le hall au pas de charge pour rejoindre la cafétaria, et je n'ai pas vu le train d'atterrissage qui m'avait été familier à Meudon. Il y a longtemps que
je n'ai pas eu de nouvelle de l'hélicoptère Pescara de mon pére Raoul Pateras-Pescara. Sa présentation sur le site du Musée est baclée et notre nom de famille pas respecté. Très tôt, j'ai
conclu..., ayant subi les cocoricos du centenaire de l'hélicoptère en 2007 qui avait eu une facheuse tendance à oublier les travaux de mon père.
J'ai travaillé aux U.S.A. et je n'ai pas rencontré cet état d'esprit que vous décrivez. J'ai été invité en 1988 à Lincoln au Nebrasca par l'association des ingénieurs civils américains (ASCE) à
faire état de mes inventions en Agrométéo, qui avait servi dans une opèration internationale de l'OMM pour HAPEX MOBILhY (voir WIKIPEDIA france)
Salutations distinguées


Fournier laurent 16/11/2010 08:39


Re-bonjour tout le monde,
oui ce télégramme fait couler beaucoup d'encre et de salive. Mais il est vraie que cette information n'a jamais été divulguée puisque les journaux, qu'ils soient américains ou français n'en font
état. Sinon, je crois qu'il y aurai eu des demandes de l'état Français pour qu'une enquête soit diligentée. Même si cette voilure était celle de L'Oiseau Blanc,la victoire serait quand revenue à
Lindbergh puisqu'il a touché la terre ferme, ce qui n'est pas le cas de Nungesser et Coli, mais malgré cela est-ce que les autorités américaines ont voulu éviter la polémique et être sur qu'il n'y
ai pas de contestation de la victoire américaine? N'oublions pas que les Etats-Unis sont un pays 'jeune' et qu'ils se cherchent une histoire, même de nos jours, alors ceci explique peut-être cela.
Les américains cherches toujours à être les 'premiers'pour ceci ou pour cela. Ne croyez pas que je sois anti-américain, mais j'ai vécu suffisement longtemps près d'eux pour les connaîtres. Mais il
reste un peuple sympathique.
Monsieur de Pescara, le train de L'Oiseau Blanc est toujours au Musée de l'Air mais il est dans un coin du Musée, travaillant au Bourget j'irai faire un tour pour le voir et je vous en fait
part.
Bertrand, le moteur de L'Oiseau Blanc est un 12ed car avec une hélice en duralumin faisant 3m80 il fallait un réducteur pour soulager le moteur.
Nungesser et Coli étaient déjà des 'héros' puisque tous les deux sont des as de la chasse de 14-18, avec il est vrai un tableau de chasse nettement supérieur pour Charles.

A bientôt sur les 'ondes'
Cordialement
Laurent