Un fragment de L'Oiseau Blanc identifié ?

Publié le 1 Avril 2010

Je vous avais prévenus : si on fouille bien dans les archives on découvrira des choses intéressantes ! Et bien en voilà une :
En 1961, exactement du 25 janvier au 6 février, plusieurs grands journaux français ont relaté la découverte d'un "morceau métallique" sur les côtes du Maine, provenant d'un avion. Cet élément aurait été remis à l'Ambassade de France à Washington, emballé dans une caisse en contreplaqué, de 2 m de long sur 0,50 m de haut et de large, et destinée au Ministère des Affaires Etrangères.
L'hypothèse que ce morceau provienne de L'Oiseau Blanc avait alors été émise.
Une commission d'experts fut nommée à Paris et réunie par le Ministère de l'Air. Des photos ont été prises, nous en avons les copies. Cette commission a analysé ce morceau de ferraille, et a déclaré formellement qu'il ne provenait pas de L'Oiseau Blanc !
 
Intrigué par cette conclusion abrupte, et ayant dessiné plusieurs fois (dans le détail) l'appareil de Charles Nungesser et de François Coli, j'ai entrepris une véritable reconstitution du type puzzle...
En agrandissant ces photos, les recoupant, et aussi grâce à des clichés inédits (que n'avaient pas les experts), pris lors de la construction de l'appareil, et inconnues en 1961, j'ai acquis la conviction  que cette pièce pourrait bien tout de même provenir de L'Oiseau Blanc...
J'ai demandé au BEA (Bureau Enquête Analyses) un rendez vous pour avoir leur avis...
Rassurez vous, notre hypothèse de départ tient toujours : ils se sont bien abimés en arrivant au sud est de Gallantry, à Saint-Pierre-et-Miquelon, le 9 Mai 1927 vers 9h30... L'avion s'est disloqué en amerrissant mal en plein brouillard.
L'appareil s'est enfoncé doucement dans l'eau glacée, nos héros ont appelé au secours, dans la brume, seul le labrador de Monsieur Le Chevalier les a entendus, puis plus rien...
Des bouts d'ailes et d'ailerons ont été aperçus quelques temps après, nous en avons plusieurs traces dans les archives. Nous savons également que des coast guards (que nous avons identifiés) ont patrouillé le secteur pour enlever tous les morceaux à la dérive !
Souvenez-vous : une aile de 21' de long sur 55' de large a été aperçue, le 17 mai, flottant  vers Sable Island par le steamer Bellepline ...
L'Oiseau Blanc a tout de même du laisser des éléments dans le "suet" de Gallantry : moteur, réservoirs (?), nous allons continuer notre prospection fin mai sur ces fonds... mais une partie plus fragile du fuselage a pu subir pendant plusieurs années des chocs, des coups de chalut, et a sans doute dérivé plus loin.
C'est en relevant sa ligne de casier, qu'un beau jour de 1960, un pêcheur a relevé ce morceau d'avion pris dans son grappin !
Il est évident que nous vous convierons bientôt pour vous en parler ! Patience...
 
Bernard Decré

Rédigé par Patricia Lamy pour Bernard Decré

Publié dans #Actualités

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Le Lancier 28/05/2010 22:16


Une ou deux réflexions sur l'Oiseau Blanc..
L'avion devait-il dès le départ passer au-dessus de Saint-Pierre et Miquelon ??

Telle est la question qui nous affleure l'esprit, si l'on tient compte de diverses données:
Nungesser et Coli ont-ils vraiment déposé un plan de vol passant dans le haut de Terre-Neuve ?. C'est à dire aux environs de Belle-Isle ??. Rien n'est moins sûr !.Deux hypothèses nous amènent à
penser que la trajectoire prévue passait directement par Saint-Pierre et Miquelon,comme l'a d'ailleurs fait en sens inverse Lindberg quelques jours plus tard.
La première est que le journal "La Dépêche", qui décrit leur fausse arrivée à New-York, n'a peut-être pas tout faux dans ce qu'il annonce: La une de son édition "avançée" montre justement une carte
où l'on découvre le trajet de l'Oiseau Blanc..passant par Saint Pierre et Miquelon et Halifax avant de cibler New-York.
Ensuite, pouvant corroborer nos dires, il est formidablement étonnant qu'aucun gardien de phare de Terre-Neuve, sur la partie Belle-île allant sur Harbour Grace n'ait entendu l'avion !!. Nous ne
disons pas voir car il faisait nuit mais il est certain que les aviateurs ne disposaient que principalement des phares pour se repérer.Contrairement à la suite de leur descente le long de
Terre-Neuve, ils disposaient en outre - et encore entre d'éventuelles éclaircies- des franges d'écumes battant le rivage. Toujours est-il qu'il apparait bien que les phares soient leur guide
principal. Mais comment expliquer cette abscence d'observation de la part des gardiens de phares quand on sait que tous étaient alors équipés du télégraphe !!!. Comment expliquer qu'ensuite c'est
"une ligne de témoins" qui, à partir de Havre Harbour et en direction de l'Ouest, c'est à dire vers Saint Pierre, s'est manifestée.. Y compris le voilier "L'Armistice" aux approches de Saint
Pierre. Sans oublier le témoignage de Pierre-Marie LeChevallier..ressorti si longtemps après. D'abord, Pierre-Marie LeChevallier en a régulièrement parlé auprès de proches, ne serait-ce qu'aux
voisins, la famille Salomon, non seulement lors de parlottes par dessus la palissade de piquets séparant leurs propriétés, le dimanche matin, quand Pierre-Marie coupait des fleurs ou lors de
pique-nique à l'Anse à Henry où Pierre-Marie emmenait - avec son terre-neuve d'alors,bel animal de couleur beige et surnommé "Wisky"- de temps à autre la famille Salomon en fin de semaine.
Mais là où nous voulons en venir, c'est le contact visuel qui ressort à l'arrivée à Harbour Grace, dont l'aéroport était alors justement encombré d'engins de terrassement puique l'on y
établissaient une piste d'aviation plus correcte que ce qu'il existait. C'est que dans l'axe de cette "piste" se trouve, non pas Belle-île mais un autre île avec aussi son phare. Et celle île
s'appelle Bell Island !. Ne serait-ce pas plutôt leur point d'arrivée sur Terre-Neuve ??. Il s'agit là encore d'un rayon du faisceau de présomptions qui, dans le faisceau complet semble bien se
concentrer sur Saint Pierre et Miquelon quant à la destinée finale de l'Oiseau Blanc et ne donne de toutes façons que plus raison à Bernard Decré dans ses convictions.
Simple amateur dans le domaine de l'aviation, je me suis encore posé une question: qui et pourquoi existe-t-il une peinture très ancienne ( entreposée à la Sodepar à Paris) montrant les aviateurs
appelant au secours debout sur une aîle, en pleine mer ??. L'auteur a-t-il voulu faire passer un message ??.Certains y voient sur ce tableau, en arrière-plan, la proue d'un navire, des rivets sur
une coque et une cheminée crachant bien noir..alors que nous sommes en plein brouillard..

En attendant la suite, bonne chance à Bernard Decré...tant pour l'Oiseau Blanc que pour le Ravenel.


DECRE Bernard 10/04/2010 14:58


Désolé que cet article soit paru un 1 avril, je peux vous confirmer qu'il est très sérieux,cela n'est pas dans notre genre de plaisanter sur une telle affaire, croyez le bien. n'hésitez pas à
m'appeler si vous le souhaiter.
BD


RG 09/04/2010 21:29


Il est dommage que cet article ait été écrit à cette date particulière. On ne sait plus quoi en penser ...