Publié le 25 Mai 2009


Nous avons récupéré nos  trois cents kilos de matériel : sonars, écrans de contrôle, câbles... que l'équipage du patrouilleur Fulmar a mis à l’abri.

La mer est encore très forte : hier, des vents de plus de trente nœuds formaient des creux de trois mètres, tels que le bateau de Terre-Neuve a dû stopper plusieurs fois ses machines. Notre vol de reconnaissance en bi-moteur, pour repérer un peu mieux l'axe d'amerrissage de L'Oiseau Blanc fut agité, l’atterrissage très sportif. Comme nous le disions avant-hier, la zone est un vrai cimetière d’épaves : profitant d’une accalmie, nous nous sommes rendus en bateau à l'Ile aux Marins, anciennement appelée l'Ile aux Chiens, entre les hauts fonds des Grappins et l'ilot de l'Enfant Perdu... Moment émouvant, endroit aux milles naufrages ! Des dizaines de bouts de chaudières, de coques, une étrave perchée à vingt mètre de haut sur les rochers, celle du paquebot Transpacific ! Et comme nous étions à marée basse, on distinguait à trois cents mètres le moteur énorme qui dépassait de l'eau... Nous n’avons pu nous retenir de scruter les rochers pour essayer – on ne sait jamais – d’apercevoir un morceau de L'Oiseau Blanc !

La force de la mer est immense et incroyable... et pourtant quelques Saint-Pierrais se sont faits construire d'adorables petites maisons en bois dans l'axe redoutables des coups de vent des grandes marées... Je n'aimerais pas y dormir !

Nos recherches avancent aussi à terre : nous sommes en train d'enquêter sur un bout d'aile ou de gouverne, qui aurait été vu dans une des salines (abri de marin) en 1962... nous avons pris rendez-vous avec les descendants des habitants de l’époque.

Autre piste : nous allons fouiller dans les magasins de stockages du Musée de l'Arche de Saint-Pierre, car il se pourrait qu'il y ait des pièces inconnues des archivistes... Nous devons également voir des archives photos !

Comme dans tous les ports du monde, les langues se délient bien plus vite le soir, dans les bars de marins, comme « chez Tchéo », tenu par un Basque authentique. Après quelques « Coronas », on parle un peu de L'Oiseau Blanc, un peu plus du Ravenel : on sait qui a plongé pour récupérer l'hélice, que le bateau s'est coupé en deux, qu'il y avait à récupérer du cuivre à bord, une cloche aussi... Indices, légendes, racontars… Il y a un peu de tout mais jamais de fumée sans feu.
L'armateur du navire vient de mourir et l’on se rend compte que de nombreuses personnes connaissent la vérité sur ce naufrage... Mais on commence aussi à deviner pourquoi il y a eu ce long silence : responsabilités, assurances, erreurs... Ce que les Saint-Pierrais souhaitent maintenant, c'est être en paix avec ces tristes souvenirs, c'est savoir, enfin, ou il repose... Nous allons tâcher de les aider à refermer le bien triste dossier Ravenel.


Aujourd'hui en fin d'après midi,  une femme d'un certain âge mais connue pour sa grande érudition, vient  me dire : "vous ne croyez pas qu'ils se sont fait descendre par un garde côte ?"... Prudent, je signale que les navires des Ice Patrol Cutters étaient là pour signaler les icebergs mais également pour traquer les bootleggers, puisque nous étions en pleine Prohibition aux USA. N’oubliez pas que le blason de Nungesser, un cœur noir avec un crâne et deux tibias, était reproduit sur l’avion. « Non », insiste la dame, « ils ont été abattus sciemment, car il ne pouvait y avoir qu'un vainqueur de l'Atlantique : un Américain! ».

La légende d'un complot revient, mais restons prudents : notre hypothèse est plus sage... Ils voyaient les hauteurs de Saint-Pierre au-dessus de la couche de brouillard ; ils ont voulu, en s'alignat dans le 340°, amerrir près du port, à vitesse réduite ; ils pensaient pouvoir faire leur arrondi, couper le moteur, mettre l'hélice en croix, bien parallèle, et se poser... Le choc fut brutal.


Photo : J.-Ch. L'Espagnol.

 

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Rédigé par Patricia Lamy pour Bernard Decré

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Publié le 23 Mai 2009

Saint-Pierre, le 22 mai.


L'orthodromie que suivent les avions modernes est exactement la route prise par L'Oiseau Blanc la nuit du 8 au 9 mai 1927, à ceci près que les deux pilotes ont dû dévier vers le sud-est en arrivant près des côtes, pour éviter la dépression située au nord est de Terre-Neuve. Ce détour leur aura coûté 6 à 7 heures supplémentaires jusqu'à Saint-Pierre, et probablement la vie...

Nous sommes tous persuadés qu'ils se sont abimés en entrant dans la brume qui entoure souvent l'ile... Une réunion avec les pilotes d'Air Saint-Pierre nous permettra de savoir si, d'après leur expérience, notre hypothèse est plausible.

Nous tâchons en effet de glaner de nouveaux indices, de faire de nouvelles rencontres pour nos deux recherches : le Ravenel et L'Oiseau Blanc. Il ne se passe pas un jour sans infos intéressantes que nous ne pouvons vous divulguer pour l'instant, faute de confirmations. Grâce à RFO, qui met en place un véritable appel à témoins, la population de Saint-Pierre participe ! Nous allons aussi visiter et interviewer les "jeunes de plus de 85 ans" à la Maison de retraite.


Le temps est magnifique actuellement, l'eau est fraiche : 3°C... Et il y a du vent ! il faudra qu'il se calme car les sonars sont délicats à trainer si la mer est formée. Espérons que la météo sera favorable jusqu'au 10 juin !

Pierre Le Normand, régisseur en chef, dit "Petit chou", a déjà commencé le réglage de la camera sous marine, et des moyens de communications :  VHF... Il a pu voir le Zéphyr, vedette de 11 m que nous affrètons en plus du patrouilleur Fulmar. Son skipper est extrèmement sérieux et compétent.

Notre programme est le suivant : réception de l'équipe de plongeurs de la Marine nationale le 25 au soir ; briefing et présentation à la Mairie le 26 à midi, briefing technique à 18h. Nous allons également rencontrer le Président de la pêche, en ce début de la saison du saumon : les pêcheurs vont poser des filets, nous ne devons pas nous gêner mutuellement. Départ vers les côtes de Terre-Neuve pour les recherches du Ravenel dès le 27 au matin sur une zone bien définie.

Pour résumer : nous pensons avoir 50 % de chances de retrouver le Ravenel ; et 20 % pour L'Oiseau Blanc, car le sonar va nous répercuter de très nombreux échos, vu le nombre d'épaves dans notre périmètre de recherches.

Dernière nouvelle : Monsieur le Préfet a décidé avec la Poste de Saint-Pierre de créer un timbre spécial sur nos recherches, avis aux philatélistes !

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Rédigé par Patricia Lamy pour Bernard Decré

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Publié le 6 Mai 2009

Bernard Decré a fait appel à Louis-Pascal Couvelaire, cinéaste de renom, qui s’est vite passionné pour l’histoire, et prépare un film documentaire de 52 minutes autour de Charles Nungesser et des mystères qui entourent sa disparition, co-produit par Actarus Films (Ophélie Lerouge) et Striana (Antoine Disle). Nungesser et Coli ont très certainement été les premiers à traverser l’Atlantique, quinze jours avant Lindbergh… La découverte de l’épave sera un grand moment de l’histoire de l’aviation mondiale. 

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Rédigé par L'Oiseau Blanc

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Publié le 6 Mai 2009

Une conférence de presse a eu lieu le 14 mai, à 18 heures, au Secrétariat d’Etat à l’Outre-Mer, en présence d’Yves Jégo. Le Ministre, partenaire de l'aventure, et l'Amiral Lajous, ont souhaité bonne chance à l'équipe de Bernard Decré.
Photo DICOM

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Rédigé par L'Oiseau Blanc

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Publié le 6 Mai 2009

Du 20 mai au 10 juin 2009, avec le concours du Secrétariat d’Etat à l’Outre-Mer, de la Marine nationale à bord du Fulmar, navire patrouilleur basé à Saint-Pierre, l’équipe de l’association «La recherche de LOiseau Blanc », menée par Bernard Decré, se rendra sur place, afin de quadriller un carré de 3 milles nautiques de côté, et de commencer les premières plongées. Des plongeurs de la Marine nationale et du CERES, équipés de sonars et de magnétomètres travailleront ensemble pour retrouver les restes de l’épave : moteur, hélice, réservoirs et instruments.

L’association profitera des moyens mis en œuvre pour essayer également de retrouver l’épave du Ravenel, bateau de pêche de Saint-Pierre qui a disparu en janvier 1962 avec quinze hommes à bord… Solidarité des gens de mer oblige !

Avec le concours du Secrétariat d'Etat à l’Outre-Merdu Ministère de la Défense (Marine nationale), de la Direction générale de l'Aviation civile, du Conseil Territorial de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Mairie de Saint-Pierre. 

 

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Rédigé par L'Oiseau Blanc

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Publié le 27 Avril 2009

Charles Nungesser et François Coli avaient décollé le 8 mai 1927, du Bourget, à 5h20 du matin par vent d’est, pour rallier New-York en 36 heures, route directe ! On les a vus survoler Etretat, probablement Southampton, puis en Irlande, et certains témoins au dessus de Terre-Neuve, le 9 mai vers 7h le matin entre des bancs de brume, puis plus rien… 

Depuis décembre 2006, intrigués par les commentaires du livre de Clive Cussler « Chasseurs d’épaves », sur la disparition de Charles Nungesser et de François Coli, qui tentaient la première traversée de l’Atlantique en avion les 8 et 9 mai 1927, Bernard Decré, pilote et marin – il est le créateur du Tour de France à la Voile -  a repris tous les éléments de l’enquête.

Bernard Decré a revu toutes les déclarations, lu plus de trente livres, visionné des centaines de films et d’articles sur cette mystérieuse disparition, parcouru internet…

Aujourd’hui, réfutant l’hypothèse la plus communément admise d’un crash dans le Maine, il penche  pour un naufrage aux environs de Saint-Pierre-et-Miquelon, en se basant sur plusieurs rapports, interviews, analyses du vol et données historiques.

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Rédigé par Bernard Decré

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